Quelques anecdotes autour de l'écriture de ce roman, ça vous dit ? (attention, ces extraits contiennent des spoilers)

Si vous êtes arrivés jusque là, j'en conclue que vous avez terminé la lecture de mon troisième roman, intitulé "Deux degrés et demi" et que vous avez eu la curiosité de scanner le QR Code qui vous a amené jusqu'ici. J'espère sincèrement qu'il vous a plu (le roman hein, pas le QR Code...). Voici quelques secrets et anecdotes d'écriture qui j'espère, vous ferons découvrir un peu plus l'envers du décor. Une fois terminé, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil à mes autres livres, qui peut-être vous plairont...

 
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Extrait de "Deux degrés et demi" de Pierre-Etienne Bram

"Cela fait cinquante ans que le climat s'emballe, et cela fait cinquante ans que nous ne faisons rien. Pensez-vous vraiment que nous allons faire marche arrière dans les dix prochaines années ?" ironisait un chroniqueur après la diffusion du sinistre rapport du G.I.E.C de 2028 : "Croyez-moi, nous sommes foutus." conclut-il avant de démissionner de son poste.

 

La genèse du projet : Deux degrés et demi

19 octobre 2018.

Tandis que j'attends les retours de mes envois de mon manuscrit "Projet Mars Alpha" aux différentes maisons d'édition, j'entends parler d'un étrange concept, appelé "NaNoWriMo", comprenez : National Novel Writing Month.


Le principe ? Durant le mois de novembre de chaque année, les auteurs du monde entier se motivent pour participer ensemble à l'écriture d'un texte de 50 000 mots. Il peut s'agir de plusieurs nouvelles, d'articles de blog, de chapitres d'anciens manuscrits ou quoi, l'objectif à essayer d'atteindre (permettant d'obtenir des goodies à moitié prix) est de 50 000 mots, coûte que coûte, soit une moyenne de 2700 mots par jour.

Je trouve l'idée fun, mais je suis encore à la recherche de la bonne histoire à mettre sur papier. Ça commence dans 11 jours, et je ne sais pas trop sur quoi partir... 

Et puis quelques jours plus tard, je vois passer un article, qui prévoit "un futur apocalyptique promit par le GIEC, si la température grimpe de 1,5°C en 2030".

J'ai mon pitch pour le NaNoWriMo de 2018.

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"Deux degrés et demi"

J'ai rapidement eu le titre en tête, il collait bien avec cette extrème limite (qu'on attendra malheureusement sûrement) : si on réussit à maitriser la hausse de la température de 1 degré avant 2028 c'est bien. 2 degrés, c'est la limite au-dessus de laquelle ça risque de partir en cacahuètes. Et comme vous l'avez lu, dans mon livre en 2028, on a franchi le cap d'un demi degré : c'est la merde. 

Je me suis toujours senti concerné par les questions du climat, et d'autant plus lorsque la question de la paternité est devenue d'actualité. Cette éternelle question hantait mon quotidien : "quel monde allons nous laisser aux générations futures ? ". En me documentant pour écrire mon prologue, j'ai rapidement découvert que cela faisait des années qu'on savait ce qui allait se produire, mais que personne n'a rien fait : parce que l'écologie ne permet pas de faire vivre des familles, tandis que le tourisme/l'extraction de minerais/les centrales à charbon/l'élevage de masse/[placez ici quelque chose dans ce genre] oui. Malheureusement, je pense qu'il faut voir les choses dans l'autre sens : l'écologie ne fait pas vivre des gens ? peut-être pas... mais dans très peu de temps, ne pas la respecter va en tuer beaucoup plus. 

Le nombre de décès pour cause de problèmes respiratoires est chaque année plus important, mais les dirigeants du monde entier s'en foutent totalement. Lorsqu'il fera chaud 6 mois par an, ils seront dans leur villa surclimatisé. Et les autres ? Ils n'auront qu'à bosser pour se payer l'équivalent. 

Et puis un jour, ils se rendront compte que de bouffer l'argent, la seule chose qui leur restera, ne permettra pas de les faire vivre, sauf qu'il sera trop tard. Il "est" déjà trop tard. 

 
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Un des personnages principaux possède l'anagramme d'un nom d'un célèbre multimilliardaire, excentrique, un peu fou, autiste, mais qui a révolutionné la conquête spatiale.

Elon Musk / Luke Mons. Vous l'avez ? Bien que largement décrié par grand nombre de personnes (qui se demandent à quoi bon vouloir aller sur Mars tandis que d'autres crèvent la dalle sur Terre), il fait partie de ces personnes qui comme Léonard de Vinci à son époque, marqueront une génération grâce à leur (douce) folie. C'est très clairement en pensant à lui que j'ai tracé les traits de mon personnage (un peu trop) macchiavélique, sauveur partiel d'une humanité, de celle qui mériterait de survivre. 

Aimant puiser mes sources dans des anecdotes, mon personnage principal "Léo" (comme Léonardo Di Caprio, un de ces riches people investi dans l'écologie) est l'une de ces nombreuses victimes de la pollution, né avec un  bras en moins comme cette quinzaine d'enfants décompté entre 2007 et 2014. L'enfant n'est pas de lui, à cause des perturbateurs endocriniens. 

Je n'étais pas très au fait sur le sujet, avant d'avoir un état des lieux plus abouti concernant "ma semence". Les projets d'enfant chez nous ne se passaient pas très bien, j'ai donc été contraint de faire des analyses de mon côté. Quelle ne fut pas la surprise de voir que contrairement aux chiffres qu'on pouvait trouver 30 ans plus tôt (grosso modo 70% de spermatozoïde normaux vs 30% "d'anormaux"), les miens étaient à 30% de normaux vs 70% d'anormaux. Je vous assure que lorsque vous découvrez ça, la conséquence direct de tous ces perturbateurs endocriniens un peu partout dans notre quotidien, ça vous fout une belle claque.

Mais je voulais que cette histoire se base sur de l'espoir, cet eden tout neuf à plusieurs milliers d'années lumière, pour pouvoir y faire un monde plus respectueux de la nature, avec seulement les gens qui mériteraient qu'on leur offre ça. 

Mais bon, une histoire comme ça... C'était un peu trop bisounours pour moi. 

 

Un gentil devenant super méchant

Dans la première version de mon livre, je suis rapidement tombé sur un obstacle. J'avais la phase de sélection sur le bateau nettoyeur de l'océan... Mais cette première histoire s'arrêtait juste après la phase de cryogénisation... 

Beaucoup de lecteurs ont adoré cette 1ère partie de l'histoire, dans ces super bateaux autonomes, permettant de nettoyer ce 7e continent qui ne cesse de grandir (si vous n'avez pas vu les vidéos sur le sujet, il faut avoir le coeur bien accroché pour le faire). Je me suis largement inspiré d'un projet dans ce genre, de bateaux d'une nouvelle génération. Je pensais que c'était leur faire un cadeau (une publicité gratuite en somme) que de parler d'eux en les nommant, dans mon livre. Mais lorsque j'ai pris contact avec eux pour leur en demander la permission, j'ai eu la surprise de voir qu'il(s) (ou qu'il ? ) n'était pas très motivé, et qu'il préférait relire des spécifications techniques plutôt que de lire les 50 premières pages de mon livre où je raconte ces épisodes de vie. 

Mon égo en a pris un coup. N'étant pas un grand auteur, ils ont dû se dire que ça ne leur aurait pas fait de la bonne pub... Mais mon intention était des plus louables... 

Bref, j'ai finalement changé les noms des bateaux, et Léo est parti nettoyer les océans avec ses amis volontaires. 

Ils partent du port des Sables d'Olonne, ville que je connais bien, ayant passé de nombreuses vacances (été comme hiver) là-bas.

Quelques anecdotes au niveau des prénoms des membres qui embarquent : 

- "Lenka" est le prénom d'une amie tchèque rencontrée durant 6 mois d'erasmus en Angleterre. 

- "Thomas", qui ne survit pas à la vie sur le bateau et qui s'est engagé pour fuir le passé (une ex dérangeante) je l'ai rencontré à l'UCPA. Un mec détestable, et cette histoire d'ex est 100% vraie. On a pas gardé bien longtemps contact. 

- "Kouamé", est une référence à un auteur, migrant africain, qui racontait dans son livre "Revenu des ténèbres" comment il avait fuit l'afrique. 

Pour l'anecdote, j'étais à deux doigts d'écrire un roman à 4 mains, racontant la fuite d'un migrant jusqu'à Calais, avec une amie travaillant dans l'humanitaire. Et puis quand j'ai compris que parfois les paroles dites n'étaient que des paroles en l'air, et que ceux qui avaient vécu ça le raconteraient probablement bien mieux que moi, j'ai préféré abandonner l'idée. 

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Tout seul, Léo ne s'en sortira pas.

Dans cette première version de l'histoire,  ma V1 (rapidement abandonnée) j'avais réussi à placer une personne bien connue des fans de SF : le dénommé Andrew Carlssin. La naissance de ce protagoniste nait dans un conte publié par le Weekly World News, avant d'être repris et mal interprêté par d'autres personnes. Bref, dans ma V1, il revenait du futur pour prévenir Léo qu'il allait devoir changer l'avenir, de lui dépendait l'avenir de l'humanité. Dans cette V1, Léo apprenait sur le bateau le décès de sa belle fille et de sa femme, qui lui léguaient ses points. 

Mais scénaristiquement, ça ne servait pas à grand chose, et c'était un peu trop violent. 

Alors, il m'est venu en tête l'idée d'une résistance, d'un contre mouvement qui suivrait depuis longtemps les idées un peu extrémistes de Luke Mons. Il ne me restait plus qu'à réveiller anormalement mon héros (grâce à son anomalie génétique), qui irait récupérer ses copains, avant de se rendre compte que sa fille et sa belle-fille n'avaient pas été retenus : il avait un but dans sa quête. 

Lorsque la crise de la Covid est arrivée dans le monde, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ce virus, diffusé secrètement par Luke Mons, ayant pour but de tuer toute l'humanité avant de revenir peupler la terre plusieurs siècles plus tard. La nature aurait toute seule été capable de créer le propre antidote à son mal : l'être humain. Et puis beaucoup de gens parlaient après ça du monde d'après. 


Pour la petite histoire, les scientifiques ont analysé qu'il faudrait respecter un confinement mondial (2 mois d'arrêt total des voyages en avion, de l'industrie, forte diminution des voyages etc) tous les ans les prochaines années, pour respecter les accords de Paris et donc l'augmentation de la production CO2 et de la température terrestre. Autant vous dire que les deux degrés et demi ont les attendra, et probablement avant 2028. 

Mais les gens parlaient d'un monde nouveau, comme s'ils avaient eu un électrochoc. Beaucoup ont fui la ville vers la campagne, histoire de respirer. Et puis lorsque les gens ont pu ressortir, je les ai vu envahir les parcs pour déjeuner. C'était beau... Mais lorsque j'ai vu tous les déchets qu'il laissait derrière eux, comme si tout le monde avait quitté les lieux en mode "vu que tout le monde fera pareil ça se verra pas", j'ai compris, que rien n'avait changé. 

Moi aussi, je pensais que la convention citoyenne sur le climat ferait bouger les choses et qu'on arrêterait de vendre des SUV "parce que c'est beau, ça pollue peut-être mais on s'en fout parce que c'est beau". Vous connaissez la suite. 

 

Et puis au final, le méchant meurt à la fin.

Quelques jours après la fin du mois de novembre une fois mes 50 000 mots écrits, je mettais un mot fin sur mon 3e roman. 

Ce livre "grinçant" que certaines personnes n'ont sans doute jamais voulu ouvrir, estimant que "je sais que je suis un pollueur, je n'ai pas envie qu'on me le rappelle dans une lecture". 

Dans les retours que j'ai eu, beaucoup m'en ont voulu sur cette fin, le sacrifice du million de personnes dans l'arche, des sages. Mais c'est pour moi tellement représentatif de la société actuelle : une infime minorité fait attention, tandis qu'une majorité n'en a rien à foutre, mais voudrait survivre si jamais tout s'effondrait, ne supportant pas que d'autres s'en sortent et pas eux. 

L'homme est-il égoïste ? Laissez-moi réfléchir... Oui. 

Ma beta était prête, et les retours furent tous globalement positifs. Ayant goûté aux joies de l'autoedition, je pris rapidement la décision d'autoéditer également ce 3e livre, plutôt que de l'envoyer à des ME qui mettraient des plombes à me répondre (négativement). 

Et comme mon précédent livre, j'avais encore du mal à choisir de bonnes couvertures... 

 
 

Un livre en deux parties, qu'on adore ou qu'on déteste

L'accueil global du livre a plutôt été bon, un véritable coup de coeur pour certains, poussant même des personnes à comprendre l'urgence climatique et à commencer à faire de petites actions au quotidien. D'autres, n'ont pas aimé ou ont détesté (on ne peut pas plaire à tout le monde, mais je reste convaincu que les déçus ne sont pas très intéressés par l'environnement). 

Si beaucoup ont apprécié la 1ere partie (la sélection sur les bateaux), pour d'autres ça a été la seconde (lorsque la résistance rentre en jeu). Par rapport à cette remarque que pas mal de lecteurs m'a fait : "pourquoi ne pas avoir prolongé la 1ère partie, voire ne parle que de la vie sur le bateau ? ", tout simplement car ça manquait de rebondissement, et concrètement, le lecteur aurait rapidement pu s'embêter. Alors bien entendu, j'ai pensé à faire un préquel, quelque chose qui se serait passé sur les 2 premières années du programme de Luke Mons, où chaque mois une nouvelle mesure serait mise en application, avec les gens impatients et les mécontents. On aurait aussi pu découvrir un peu plus la vie des 3 protagonistes. 

En attendant, si vous ne l'aviez pas vu, voici la bande-annonce initiale (avec la couverture d'origine...)

Un jour, peut-être. 


 

Et si vous ne l'aviez pas encore vu, voici la bande annonce de "Projet Mars Alpha".

 

Ah et si vous ne l'avez pas encore fait...

Je compte sur vous pour mettre un petit commentaire pour écrire que vous avez bien aimé mon livre ? 

Soit sur Amazon, soit sur la Fnac soit sur Babelio, je vous en serai éternellement reconnaissant. 

Enfin, si ce livre vous a plu et que vous souhaitez être tenu au courant de mes prochaines publications, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour être informé en exclusivité !